Fatimata

I'm the fastest girl in the world.

Random thoughts and many other things.

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La fuite

28/09/25

Je me suis coupée de moi-même. J’ai anesthésié la partie de moi qui rend mon existence douloureuse. Celle qui me fait ressentir le poids des choses. Contre elle, j’ai échangé une mort lente et dépourvue de toute saveur. J’ai préféré la tiédeur de la monotonie aux braises de l’envie de changement. Mais ce soir, alors qu’une nouvelle semaine commence demain, elle est revenue. Il a suffit d’un regard dans le miroir pour qu’elle réapparaisse. Il a suffit d’un silence. Elle finit toujours par se frayer une place lorsqu’on lui en laisse la place. Nous voilà encore toutes les deux. Elle a installé dans mon cœur une flaque de boue. Lui qui était si rocailleux, si lisse, le voilà sali. Il est rempli de tristesse, de peur, d’envie. Je crains la semaine qui s’annonce. J’ai peur de ne pas être à sa hauteur. Ça n’est pas en 5 jours qu’on change sa vie, je le sais bien pourtant. Mais tout de même. Je ne cesse d’espérer que les soleils qui se lèvent annoncent le début d’une nouvelle ère. Je n’avais pas écrit depuis longtemps. Encore une conséquence de ma fuite. Écrire c’est se poser avec soi-même. Contempler l’intérieur et l’extérieur. Le premier me paraissait trop sombre et le second trop éblouissant. Pardon. Tu es pourtant l’une de mes amies les plus précieuses. Je ne peux pas ignorer ta présence et tes mots. Je sais que tu es mon étoile du berger et que tu continueras à me guider à travers les nuits que nous passerons ensemble.

Ce rêve

08/08/25

J’ai ce rêve récurrent dans lequel un lion pénètre dans ma maison. Celle-ci est inondée et il me faut alors sauter de canapé en table à manger pour me déplacer. Le lion est un danger. Je le sais car j’évite à tout prix de m’en approcher. Il provoque chez moi angoisse et crainte. Curieusement, cette bête sauvage se montre peu féroce et se contente de nager au milieu des meubles derrière moi. Elle ne semble pas chercher à me dévorer mais plutôt à montrer qu’elle comprend qu’elle doit le faire. Le lion joue un rôle, celui du méchant loup, mais je sais pertinemment que ça n’est pas ce qu’il est. Alors peut-être qu'un jour, le coeur palpitant, je prendrai une grande inspiration et je viendrais m’asseoir sur cette table à manger. Je mettrai mes pieds dans l’eau tiède et regarderai mon adversaire droit dans les yeux, comme pour lui dire de me rejoindre. Il nagera alors vers moi, la gueule ouverte, les yeux plongés dans les miens, comme s’il venait me dévorer, mais je ne reculerai pas. Je l’attendrai fermement. Arrivé devant moi, il s’arrêtera, la crinière trempée et le souffle lent. Nous nous fixerons comme deux individus qui se sont vus trop souvent pour n’être que de simples inconnus et je saurai alors qu’il ne s’agissait là que d’un mauvais rêve.

La mer

08/08/25

Les vagues viennent se jeter sur la rive avec fracas. Le doux vacarme fait taire tous les hommes. La mer est une amie énigmatique, insaisissable. Chacun de ses mouvements appelle l’aventurière à la rejoindre, à venir se blottir dans ses bras et se laisser bercer jusqu’au prochain rivage. Face à elle, je me sens apaisée.

Ma flamme

21/05/25

Ma flamme s’est éteinte. Elle s’en est allée un jour banal, sans faire aucun bruit. Le silence causé par son absence m’est depuis assourdissant. Ma boussole interne est comme cassée. Elle alimentait toute mon être, réchauffait l’atmosphère et faisait de cette enveloppe un foyer familier. Je ne me reconnais plus. De moi que reste t-il ? Le souvenir familier d’un enfant. De rêves. D’espoir.

Longtemps j'ai cru

20/04/2025

Longtemps j’ai cru qu’il viendrait me parler Un soir, alors que je ne l’attendrais plus Il viendrait toquer à ma porte vêtu d’un long manteau, S’installerait à ma table et me conterait Les chemins aventureux qu’il avait empruntés. Je l’écouterais avec attention Disséquant chacun de ses mots, chacune de ses expressions M’enivrant de son parfum, touchant sa peau douce et marquée par les années, Rien n’aurait changé. Hélas, la mort n’est pas si clémente, Elle ne laisse échapper personne de son étreinte. Et lorsque vient l’heure de la rejoindre, Chacun sait alors qu’il part ailleurs pour l’éternité. Pauvres vivants, heureux défunts, Ils n’auront pas à souffrir leur absence C’est une corvée réservée aux vivants Qui malgré la douleur doivent s’efforcer De poursuivre l’oeuvre [Dont] Que leurs ancêtres [longtemps avant eux ont hérité] leur ont léguée.

Le tonnerre

20/04/2025

Le tonnerre gronde, un orage se prépare Son vacarme fait taire la ville et ses humains Les portes ferment et n’ouvriront que demain Alors que la pluie aura emporté avec elle Les peines et les joies de ce jour blafard.

Esther et Maël

21/03/2025

Elle ouvrit la fenêtre, se pencha de tout son buste et hurla “Maëëëël”. Le jeune homme qui se trouvait plus loin dans le champ se retourna vers la maison, et redressa son chapeau afin d’apercevoir la jeune fille. De là, il ne pouvait distinguer que le roux de ses cheveux. “Quoooi ?” hurla-t-il à son tour. “Viiiiens” repondit-elle. Il déposa non sans agacement les outils qu’il avait entre les mains et se mit en marche vers la maison. Il faisait près de 35° et le soleil inondait l’atmosphère. L’air était lourd et asséchait gorges et cours d’eau. Tout semblait fonctionner au ralenti. Maël adorait cette sensation. Il avait le sentiment que seule cette température lui permettait de se défaire de la pression qu’il se mettait. Il avait le droit de prendre le temps, d’être à l’écoute de ses sensations, de ressentir la chaleur, d’écouter la nature et de contempler les paysages figés par la haute température. Alors qu’il arrivait bientôt au niveau de la maison, il vit la porte s’ouvrir précipitamment. Esther se jeta sur lui. “Elle arrive demain Maël ! Demain !” Maël posa sur elle un regard interrogateur. “Tu parles de quoi ? Tu parles de qui ?” Les yeux de la jeune fille s’illuminèrent et le plus beau des sourires apparut sur son visage. “Yasmine !”. Maël leva les sourcils, l’air hébété puis vint à son tour se précipiter vers l’intérieur de la maison. Il s’assit sur le premier mobilier qui lui sembla pouvoir soutenir son poids, et resta immobile, comme pour se remettre du vacarme qu’avait causé ce prénom dans son esprit. Esther était repartie dans la cuisine. Au regard des bruits qui lui parvenaient, il déduit qu’elle était probablement occupée à cuisiner. Ses yeux mirent quelques secondes à s’habituer à l'obscurité du salon. La sensation lui fut désagréable et il ferma les yeux pour la fuir. Yasmine. Il ne l’avait pas revue depuis la disparition. À vrai dire, il ne pensait plus jamais la revoir de sa vie, il ne devait plus jamais la revoir. Ils s’en étaient fait le serment. Que pouvait-elle bien venir chercher ici ? Lui et Esther avaient déménagé au fin fond de la campagne après la disparition. Ils s’étaient promis d’y mener une vie calme, sans éclats, loin de toute l’agitation qui avait conduit à ce drame. Esther était le pavé dans leur mare de tranquillité. Rien que son prénom avait réussi à le mettre dans un état d’agitation qu’il n’avait pas connu depuis des années. Il resta plusieurs minutes assis, les yeux fermés mais le bruit d’un éclat de verre le fit sortir de sa paralysie. Il se leva et se dirigea vers la cuisine où était affairée sa femme. “C’est rien”, lui dit-elle, “L’excitation m’a fait échapper un verre.” De l’embrasure de la porte, il regarda Esther ramasser minutieusement les bouts de verre qui jonchaient le sol. Elle t’a dit pourquoi elle voulait venir ?, lança t-il Elle m’a juste dit qu’elle voulait nous voir, répondit-elle Esther, je sais que tu es très attachée à elle mais tu te rappelles après le… après la… enfin après ce qu’il s’est passé, on s’était promis de prendre nos distances. La jeune femme ne répondit pas. Maël continuait de la regarder placer un à un les bouts de verre dans une caisse en bois. Esther ? Elle se figea un instant puis se retourna vers lui. “Ne parlons pas de ça, tu veux bien ?”. Le visage de la jeune femme lui provoqua un frisson. Ses lèvres étaient tirées, ses yeux plissés, ses pommettes redressées. Tous les traits de son visage semblaient indiquer qu’elle souriait. Et pourtant. À la vue de son visage, Maël comprit qu’il s’agissait là d’un avertissement. Il sortit de la cuisine, ramassa les clés posées dans le vide-poche et s’installa à bord de sa voiture. Il y faisait une chaleur insoutenable mais celle-ci paraissait bien acceptable au regard de ce qui l’attendait dans les prochains jours.

Hurler au monde

27/11/23

Hurler au monde. Lui hurler ma peine, mes désirs profonds, ma colère. Lui vomir ma frustration. D’être ce que je suis, de manquer ce que je ne suis pas.
Lui hurler mon mal-être d’être à la fois si singulière et banale. De ne ressentir ni plus ni moins qu’un autre.
Lui hurler ma tristesse d’être en vie, mes angoisses et mon désir de vivre. Un désir si brûlant qu’il en vient parfois à consumer ma joie. Un désir profond. Viscéral. Qui me hurle à son tour d’engloutir la vie. Tout voir. Tout sentir. Tout aimer. Tout détester. Tout goûter. Faire miennes toutes les expériences. Appartenir à un tout.
Hurler au monde ce que je suis. Et espérer que cela suffise.
Hurler au monde, puis le contempler. L’écouter. N’entendre que mon écho.
Le jour se lève. Je l’aperçois à travers les interstices des volets. Les oiseaux chantent et il me semble qu’ils chantent pour moi. Ils me disent ce qu’ils sont et ainsi ce que je ne suis pas. Ils me disent ce que nous sommes.
Hurler au monde mon amour débordant. Pour la vie, pour mes proches.
Hurler au monde qu’un océan de tristesse ne parviendrait pas à me faire regretter la vie.
Hurler au monde que je lui appartiens. Qu’éternellement je suis lui et qu’il est moi.

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